jeudi 12 janvier 2017

L'hôtel de Paul

L'hôtel de Paul, rue Foch

Hôtel de Paul
(photo Cathy Mima, décembre 2016)
L'hôtel de Paul est un des plus intéressants hôtels particuliers de Montpellier. Il fut construit à la demande du conseiller en la CCAF Louis de Paul pour son fils également prénommé Louis, alors âgé de 18 ans. Il fut édifié d'après les plans du grand architecte Augustin-Charles d'Aviler en 1696/1697 et échappa heureusement aux destructions haussmanniennes des années 1870. Le génie de d'Aviler lui permit de créer une exceptionnelle demeure, dans un espace peu adapté aux aménagements qu'il préconisait dans ses traités d'architecture. Au carrefour de deux rues, rues Dauphine et Poitevine, l'encoignure de cet hôtel a bénéficié d'un traitement original qui signifiait l'importance de la famille qui y résidait. Le premier étage est décoré d'une importante fenêtre s'ouvrant sur un balcon protégé par un garde-corps en ferronnerie et prenant appui sur une trompe en demi-berceau. La clé de cette fenêtre est ornée d'un mascaron féminin duquel partent deux guirlandes de fleurs, le tout surmonté d'un fronton triangulaire, lui-même paré d'une coquille (sujet ornemental assez fréquent dans son oeuvre). Depuis cette fenêtre et depuis son balcon le propriétaire disposait d'un heureux point de vue sur la promenade royale du Peyrou et sur l'Arc de Triomphe, également bâti par d'Aviler, l'architecte des Etats du Languedoc. Sur la rue Dauphine, en face de l'actuel Palais de Justice, d'Aviler imagina une façade régulière, avec une porte monumentale, décalée vers l'angle, afin d'offrir une lisibilité plus importante depuis la porte du Peyrou. Il la surmonta d'une tête d'Hercule drapée de la dépouille du célèbre lion de Némée (thème également récurrent dans son style, voir hôtel Deydé, rue du Cannau).

Hôtel de Paul, détail de la sculpture
(photo Cathy Mima, décembre 2016)

Hôtel de Paul, le ciel de l'escalier
(photo Cathy Mima, dec. 2016)
Par un vestibule voûté, on découvrait une exceptionnelle cage d'escalier d'une seule volée tournante, témoignant de sa capacité technique et de l'apport que Montpellier doit à cet architecte hors du commun et dont le Languedoc, et a fortiori notre bonne ville peut se glorifier.
Hôtel de Paul, escalier principal
(photo Cathy Mima, dec. 2016)




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