jeudi 12 janvier 2017

La place de la Comédie en 1966


La place de la Comédie dans les années 1960

La place de la Comédie vers 1966
(Collection Martine Grimal)
La place de la Comédie, coeur battant de Montpellier, avec son théâtre et la célèbre statue des Trois grâces est un espace particulièrement prisé par les montpelliérains qui aiment venir s'y prélasser longuement sous les rayons du soleil.
Sur cette carte postale, on comprend parfaitement les raisons qui lui avaient valu le surnom de la place de l'Oeuf. Les voitures y empruntent l'ancienne 113 qui avait obligé la création de cet Oeuf. Il fallut attendre 1986 pour que cette voie disparaisse du paysage montpelliérain et passe enfin en souterrain dégageant la magnifique place que nous connaissons actuellement. A cette date, la municipalité, dirigée par Georges Frêche, confia cette réalisation aux architectes Marguerit et Vexlard. Tout un travail de revêtement de sols fut mené en parallèle.
Les travaux rendus nécessaires par le tramway entraîna la démolition du mur d'eau orné d'éphébes de bronze.
Au centre de l'oeuf, trône la statue des trois Grâces, oeuvre du sculpteur Etienne d'Antoine, du moins une copie car très abîmé, le groupe fut remisé dans le hall de l'Opéra Comédie en 1986.

(Collection Geneviève Géa)

(Collection Josiane Albert Léotard)

L'hôtel de Paul

L'hôtel de Paul, rue Foch

Hôtel de Paul
(photo Cathy Mima, décembre 2016)
L'hôtel de Paul est un des plus intéressants hôtels particuliers de Montpellier. Il fut construit à la demande du conseiller en la CCAF Louis de Paul pour son fils également prénommé Louis, alors âgé de 18 ans. Il fut édifié d'après les plans du grand architecte Augustin-Charles d'Aviler en 1696/1697 et échappa heureusement aux destructions haussmanniennes des années 1870. Le génie de d'Aviler lui permit de créer une exceptionnelle demeure, dans un espace peu adapté aux aménagements qu'il préconisait dans ses traités d'architecture. Au carrefour de deux rues, rues Dauphine et Poitevine, l'encoignure de cet hôtel a bénéficié d'un traitement original qui signifiait l'importance de la famille qui y résidait. Le premier étage est décoré d'une importante fenêtre s'ouvrant sur un balcon protégé par un garde-corps en ferronnerie et prenant appui sur une trompe en demi-berceau. La clé de cette fenêtre est ornée d'un mascaron féminin duquel partent deux guirlandes de fleurs, le tout surmonté d'un fronton triangulaire, lui-même paré d'une coquille (sujet ornemental assez fréquent dans son oeuvre). Depuis cette fenêtre et depuis son balcon le propriétaire disposait d'un heureux point de vue sur la promenade royale du Peyrou et sur l'Arc de Triomphe, également bâti par d'Aviler, l'architecte des Etats du Languedoc. Sur la rue Dauphine, en face de l'actuel Palais de Justice, d'Aviler imagina une façade régulière, avec une porte monumentale, décalée vers l'angle, afin d'offrir une lisibilité plus importante depuis la porte du Peyrou. Il la surmonta d'une tête d'Hercule drapée de la dépouille du célèbre lion de Némée (thème également récurrent dans son style, voir hôtel Deydé, rue du Cannau).

Hôtel de Paul, détail de la sculpture
(photo Cathy Mima, décembre 2016)

Hôtel de Paul, le ciel de l'escalier
(photo Cathy Mima, dec. 2016)
Par un vestibule voûté, on découvrait une exceptionnelle cage d'escalier d'une seule volée tournante, témoignant de sa capacité technique et de l'apport que Montpellier doit à cet architecte hors du commun et dont le Languedoc, et a fortiori notre bonne ville peut se glorifier.
Hôtel de Paul, escalier principal
(photo Cathy Mima, dec. 2016)




Le Rockstore - Chapelle de l'Observance

Le Rockstore - La chapelle de l'Observance



Depuis le 12ème siècle, l'emplacement de ce bâtiment était au centre d'un très important ensemble conventuel qui relevait de l'ordre des Cordeliers, avant d'entrer au 16ème siècle, dans le patrimoine des religieux de l'Observance.
Les guerres de religion, notamment les grands mouvements de 1562, entraînèrent sa destruction. A la faveur de la signature de l'Edit de Nantes par Henri IV, il changea d'affectation religieuse et devint un des temples de la religion prétendue réformée de Montpellier. Un lieu de culte fut alors reconstruit en 1615, à nouveau mis à bas en 1621 et en 1623, rebâti.
Cette situation demeura jusqu'à la révocation de cet édit par Louis XIV en 1685 et l'édifice fut rendu au culte catholique, l'église était alors connue sous le nom de l'Observance et donnait son nom au quartier environnant.
Lors des dernières années de l'ancien régime, en 1785, le père du futur Empereur Napoléon Ier, qui était venu à Montpellier pour y faire soigner un cancer à l'estomac y mourut, et fut inhumé dans cette chapelle. Pour la petite histoire, ses restes furent déplacés, à la demande de ses enfants, à Saint-Leu-La-Forêt sous l'Empire.

Cédée en tant que bien national lors de la période révolutionnaire, cette chapelle retrouva en 1803, une fonction religieuse. Elle fut alors acquise par le Consistoire de Montpellier et renoua avec le culte protestant. L'édifice fut alors rebâti en 1821 et présente depuis lors sa célèbre façade avec son fronton triangulaire. Suite à la construction du nouveau temple à la fin du Second Empire sur la rue Maguelone, dans le voisinage de la gare, cette chapelle perdit son affectation religieuse.
D'abord une célèbre imprimerie, l'imprimerie centrale du Midi s'y installa, puis au début du 20ème siècle, cette ancienne chapelle accueillit le premier garage automobile de Montpellier sous l'enseigne Caraman, spécialiste de la marque De Dion Bouton, et en 1927, pour la première fois, elle devint une salle de spectacle, avec l'installation dans ses murs du cinéma Odéon.

Par la suite, l'ancien temple accueillit une salle de concert, temple du disco et enfin en 1986, le temple du rock à Montpellier avec le Rockstore, bien connu avec l'arrière du coupé de ville Cadillac rouge, qui est une habile référence au premier Hard Café de New York.

Cette chapelle est aujourd'hui protégée au titre des Monuments historiques et appartient à la ville de Montpellier.